Correspondances
Opéra
de Marc-André Dalbavie, Patrice Hamel et Guy Lelong
soprano :
Marie-Françoise Lefort
alto : Mireille Deguy
baryton : Pascal Sausy
Ensemble instrumental : Ars Nova
direction : Philippe Nahon
synchronisation musique / lumière : Xavier Bordelais
informatique et diffusion : Thierry Coduys
costume : Dominique Fabrègue
régie lumière : Jérôme Sabre
régie scène : Jean-Louis Dapoigny
enregistrement sons concrets : Georges-Alain Duriot / studio Saint-Amand
(Belvès)
I. György Ligeti
AVENTURES & NOUVELLES AVENTURES
(1966) 35’
livret : György Ligeti
mise en scène, scénographie et lumière : Patrice
Hamel
Aventures (1962) - Nouvelles Aventures (1962-1965)
trois chanteurs et sept instrumentistes
II. Marc-André Dalbavie, Patrice Hamel, Guy Lelong
Correspondances (1995-1997) 50’
Commande d’Etat, attentat, La Filature
musique : Marc-André Dalbavie
livret : Guy Lelong
mise en scène, scénographie et lumière : Patrice
Hamel
trois chanteurs, huit instrumentistes et électronique, création
Production attentat - Coproduction La Filature - Ars Nova-ensemble instrumental
- co-réalisation Musica avec le soutien du Fonds de Création
Lyrique et de la Spedidam
Commençant
à la manière de Aventures et Nouvelles Aventures de György
Ligeti, cette seconde partie du spectacle fait assister à l'émergence
progressive du sens au point de finalement proposer une véritable
histoire, oscillant entre policier et fantastique.
La musique utilise le même effectif instrumental que celui de
la pièce de Ligeti, afin d'assurer une certaine continuité
entre les deux parties du spectacle. De même, les éclairages
et la mise en scène, proposés pour Aventures et Nouvelles
Aventures, s’y trouvent transformés dans le cadre d’une
fiction explicite. Et la dimension humoristique du spectacle est également
préservée car la plupart des objets usuels utilisés
par le percussionniste sont progressivement intégrés à
l’univers fictionnel lui-même (cf. scénario).
Ainsi que les Aventures de Ligeti l’ont fait en leur temps, Correspondances
tente de donner une réponse nouvelle à la question des
relations entre musique, texte et scène au sein d’une œuvre
élaborée à trois dès le départ de
la conception. Les domaines mis en jeu – la musique, le texte,
les gestes et les éclairages – conservent ainsi leur autonomie,
tout en étant articulés les uns aux autres à l’aide
d’un ensemble de relations portant principalement sur le rythme.
Formation vocale et instrumentale
-
1 soprano, 1 alto (ou mezzo), 1 baryton qui utilisent parfois des tubes
et des porte-voix
- 1 flûtiste, 1 clarinettiste (ajouté pour Correspondances),
1 corniste, 1 violoncelliste, 1 contrebassiste,
- deux pianistes jouant clavecin, piano, celesta et synthétiseur
(ajouté pour la musique de Correspondances et le déclenchement
en temps réel des éclairages pour l’ensemble du
spectacle),
- 1 percussionniste jouant :
papier tissu, papier journal, papier d’emballage, papier sulfurisé
ou parcheminé, un ballon en plastique gonglé (frotté),
un gant de soie, une brosse métallique (pour tambour + cymbale),
un bol rempli de billes, papiers d’aluminium, une valise avec
deux toiles émeri, gros tapis (avec tapette), une boîte
de conserve (frappée avec un marteau), un coffre en bois (frappé
avec un maillet), une latte en bois (pour être cassée en
deux), une tasse en plastique, un criquet, une grosse bouteille (pour
être lancée sur une assiette en métal), un plateau
de métal avec une pile d’assiettes, chaussure en cuir,
un sac en papier ; une cymbale suspendue, xylophone, glockenspiel, tambour
piccolo, 3 toms (aigu, médium aigu, médium), grosse caisse,
un guero,
- 1 dispositif électro-acoustique de transformation et de sonorisation
des chanteurs (ajouté pour Correspondances).
Scénario
Trois
personnages : un homme et deux femmes, représentés par
un baryton, une soprano et une alto.
Malgré leur absence de toute parole explicite, les Aventures
et Nouvelles Aventures font assister à une altercation entre
trois personnages dont l’alto semble être la principale
victime. Cette situation explique les réactions, moqueuses ou
angoissées, étonnées ou hystériques, auxquelles
les protagonistes se livrent tour à tour.
Quand
le récit reprend avec Correspondances, les personnages, encore
sous le choc de leur affrontement, ne parviennent à renouer le
dialogue que progressivement.
L’alto explique alors que toute cette histoire a commencé
quand elle s’était aperçue qu’elle faisait
l’objet d’une surveillance continue. Mais son récit
l’entraînant à faire de plus en plus “exister”
l’auteur présumé de cette surveillance, elle finit
par s’imaginer de nouveau face à lui, au point de le confondre
avec le baryton dont la position sur scène est similaire.
Le trouble, occasionné par cette première coïncidence
entre l’“histoire” de l’alto et le lieu où
elle la raconte, n’empêche pas cette dernière de
continuer son récit.
Un soir qu’elle empruntait la correspondance d’un métro,
elle éprouve soudain l’impression d’être poursuivie,
bien qu’elle n’aperçoive rien de particulier
quand elle se retourne. Elle presse alors le pas et l’allure du
poursuivant présumé augmente également.
Suit une scène d’altercation – imaginaire ou réelle
– à laquelle l’alto parvient à réchapper.
Se retrouvant dans un quartier qui lui est inconnu, elle comprend, à
la vue de l’incroyable désordre qui y règne (des
papiers de toutes sortes, des vêtements, des tapis, de la vaisselle
brisée… couvrent une bonne partie du sol), que le lieu
vient d’être le théâtre d’événements
inhabituels qui ont contraint les habitants à fuir précépitamment.
L’irruption soudaine d’éclairages et de bruits de
moteurs prêts à envahir tout l’espace lui laisse
juste le temps de se réfugier dans une pièce assez vaste,
située au rez-de-chaussée d’un immeuble, dont une
porte entrouverte lui a permis l’accès.
Mais la description du lieu, où elle pense s’être
réfugiée, correspond à la scène que les
spectateurs ont sous les yeux : l’ “histoire”
de l’alto rejoint donc une deuxième fois le lieu où
elle la raconte. Et la correspondance réussit cette fois si bien
qu’elle ne parvient plus à s’arrêter.
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