Extraits de la générale de CORRESPONDANCES, opéra de Marc-André Dalbavie (musique), Patrice Hamel (lumière, scénographie et mise en scène) et Guy Lelong (texte) et de AVENTURES et NOUVELLES AVENTURES, théâtre musical de Gyorgy Ligeti (musique) et Patrice Hamel (lumière, scénographie et mise en scène).

le 23 septembre 1997 à La Filature de Mulhouse (Festival Musica)

costumes : Dominique Fabrègue
soprano : Marie-Françoise Lefort
alto : Mireille Deguy
baryton : Pascal Sausy
ensemble instrumental : Ars Nova
direction : Philippe Nahon

L’extrait de 4’ présenté ici est la transcription en images de synthèse d’un passage de l’opéra Correspondances, constituant la deuxième partie d’un spectacle musical (portant le même titre) qui commençait par les pièces de théâtre musical Aventures et Nouvelles Aventures de Ligeti. Ce spectacle musical fut représenté les mercredi 24 septembre et jeudi 25 septembre 1997 à La Filature de Mulhouse (Festival Musica).

Images de synthèse : Philippe Bloesch
Aide à la maquette du DICREAM

 


 

Correspondances
Opéra de Marc-André Dalbavie, Patrice Hamel et Guy Lelong

soprano : Marie-Françoise Lefort
alto : Mireille Deguy
baryton : Pascal Sausy
Ensemble instrumental : Ars Nova
direction : Philippe Nahon
synchronisation musique / lumière : Xavier Bordelais
informatique et diffusion : Thierry Coduys
costume : Dominique Fabrègue
régie lumière : Jérôme Sabre
régie scène : Jean-Louis Dapoigny
enregistrement sons concrets : Georges-Alain Duriot / studio Saint-Amand (Belvès)

I. György Ligeti
AVENTURES & NOUVELLES AVENTURES
(1966) 35’
livret : György Ligeti
mise en scène, scénographie et lumière : Patrice Hamel
Aventures (1962) - Nouvelles Aventures (1962-1965)
trois chanteurs et sept instrumentistes

II. Marc-André Dalbavie, Patrice Hamel, Guy Lelong
Correspondances (1995-1997) 50’
Commande d’Etat, attentat, La Filature
musique : Marc-André Dalbavie
livret : Guy Lelong
mise en scène, scénographie et lumière : Patrice Hamel
trois chanteurs, huit instrumentistes et électronique, création

Production attentat - Coproduction La Filature - Ars Nova-ensemble instrumental - co-réalisation Musica avec le soutien du Fonds de Création Lyrique et de la Spedidam

 

 

Commençant à la manière de Aventures et Nouvelles Aventures de György Ligeti, cette seconde partie du spectacle fait assister à l'émergence pro­gressive du sens au point de finalement proposer une véritable his­toire, oscillant entre policier et fan­tastique.
La musique utilise le même effectif instrumental que celui de la pièce de Ligeti, afin d'assurer une certaine con­tinuité entre les deux parties du spectacle. De même, les éclairages et la mise en scène, proposés pour Aventures et Nouvelles Aventures, s’y trouvent transformés dans le cadre d’une fiction explicite. Et la dimension humoristique du spectacle est également préservée car la plupart des objets usuels utilisés par le percussionniste sont progressivement intégrés à l’univers fictionnel lui-même (cf. scénario).
Ainsi que les Aventures de Ligeti l’ont fait en leur temps, Correspondances tente de donner une réponse nouvelle à la question des relations entre musique, texte et scène au sein d’une œuvre élaborée à trois dès le départ de la conception. Les domaines mis en jeu – la musique, le texte, les gestes et les éclairages – conservent ainsi leur autonomie, tout en étant articulés les uns aux autres à l’aide d’un ensemble de relations portant principalement sur le rythme.


Formation vocale et instrumentale

- 1 soprano, 1 alto (ou mezzo), 1 baryton qui utilisent parfois des tubes et des porte-voix
- 1 flûtiste, 1 clarinettiste (ajouté pour Correspondances), 1 corniste, 1 violoncelliste, 1 contrebassiste,
- deux pianistes jouant clavecin, piano, celesta et synthétiseur (ajouté pour la musique de Correspondances et le déclenchement en temps réel des éclairages pour l’ensemble du spectacle),
- 1 percussionniste jouant :
papier tissu, papier journal, papier d’emballage, papier sulfurisé ou parcheminé, un ballon en plastique gonglé (frotté), un gant de soie, une brosse métallique (pour tambour + cymbale), un bol rempli de billes, papiers d’aluminium, une valise avec deux toiles émeri, gros tapis (avec tapette), une boîte de conserve (frappée avec un marteau), un coffre en bois (frappé avec un maillet), une latte en bois (pour être cassée en deux), une tasse en plastique, un criquet, une grosse bouteille (pour être lancée sur une assiette en métal), un plateau de métal avec une pile d’assiettes, chaussure en cuir, un sac en papier ; une cymbale suspendue, xylophone, glockenspiel, tambour piccolo, 3 toms (aigu, médium aigu, médium), grosse caisse, un guero,
- 1 dispositif électro-acoustique de transformation et de sonorisation des chanteurs (ajouté pour Correspondances).

Scénario

Trois personnages : un homme et deux femmes, représentés par un bary­ton, une soprano et une alto.
Malgré leur absence de toute parole explicite, les Aventures et Nouvelles Aventures font as­sister à une altercation entre trois personnages dont l’alto semble être la principale victime. Cette situation explique les réactions, moqueuses ou angoissées, étonnées ou hystériques, auxquelles les protagonistes se livrent tour à tour.

Quand le récit reprend avec Correspondances, les personnages, encore sous le choc de leur affrontement, ne parviennent à renouer le dialogue que progressivement.
L’alto explique alors que toute cette histoire a commencé quand elle s’était aperçue qu’elle faisait l’objet d’une surveillance continue. Mais son récit l’entraînant à faire de plus en plus “exister” l’auteur présumé de cette surveillance, elle finit par s’imaginer de nouveau face à lui, au point de le confondre avec le baryton dont la position sur scène est similaire.
Le trouble, occasionné par cette première coïncidence entre l’“histoire” de l’alto et le lieu où elle la raconte, n’empêche pas cette dernière de continuer son récit.
Un soir qu’elle empruntait la correspon­dance d’un métro, elle éprouve soudain l’impression d’être poursuivie, bien qu’elle n’aperçoive rien de parti­culier quand elle se retourne. Elle presse alors le pas et l’allure du pour­suivant présumé augmente égale­ment. Suit une scène d’altercation – imaginaire ou réelle – à laquelle l’alto parvient à réchapper.
Se retrouvant dans un quartier qui lui est inconnu, elle comprend, à la vue de l’incroyable désordre qui y règne (des papiers de toutes sortes, des vêtements, des tapis, de la vaisselle brisée… couvrent une bonne partie du sol), que le lieu vient d’être le théâtre d’événements inhabituels qui ont contraint les habitants à fuir précépitamment.
L’irruption soudaine d’éclairages et de bruits de moteurs prêts à envahir tout l’espace lui laisse juste le temps de se réfugier dans une pièce assez vaste, située au rez-de-chaussée d’un immeuble, dont une porte entrou­verte lui a permis l’accès.
Mais la description du lieu, où elle pense s’être réfugiée, correspond à la scène que les spec­tateurs ont sous les yeux : l’ “histoire” de l’alto rejoint donc une deuxième fois le lieu où elle la raconte. Et la correspondance réussit cette fois si bien qu’elle ne parvient plus à s’arrêter.


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